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samedi 29 novembre 2025

Les preuves de mon innocence de Jonathan Coe

★★☆☆☆
Éditions Gallimard
(traduit de l'anglais par Marguerite Capelle)

À vrai dire, tout avait très bien commencé : je trouvais les personnages plutôt sympathiques, le presbytère de Rookthorne charmant (je raffole de ce genre d’endroits anglais), j’avançais, ravie chaque soir de retrouver toute l’équipe. À la page 69, petit effet de surprise, mise en abyme (pourquoi pas) (parodie d’un roman policier « Meurtre à Wetherby Pond ») (parfait, j’adore ça!) et nous voilà dans le grand manoir de Wetherby Hall pour une conférence TrueCon, séminaire organisé par des ultraconservateurs désagréables au possible, avec Christopher Swann, blogueur politique, historien du mouvement conservateur, en éléphant dans un magasin de porcelaine. Nous sommes en 2022, Liz Truss arrive pour quelques jours au pouvoir tandis qu’Élizabeth II s’éteint… Je rencontre l’inspectrice Freeborne dont le caractère bien trempé n’est pas pour me déplaire quand j’entre, page 215, dans une nouvelle mise en abyme (dans la première mise abyme). Parodie du dark roman… Why not, c’est rigolo. On file à Cambridge (j’adore!) mais mais mais je me perds, repars en arrière, souligne, fais des flèches, repasse en marche avant… Rien à faire, j’ai beau lancer le GPS, noter les croisements et les sens interdits sur un petit carnet que je ne lâche pas… Je suis PERDUE : les personnages (mais qui c’est celui-là?), les narrateurs (mais au fait, qui parle là?) les lieux, les époques, les fausses pistes, les tiroirs secrets, les escaliers dérobés, les digressions, les pastiches littéraires, les mises en abyme ont eu raison de moi… J’ai continué, ai découvert la troisième mise en abyme page 329, parodie d’un récit d’autofiction, cette fois-ci… Pourquoi pas… La lecture a commencé à me sembler un peu longuette, l’intrigue poussive, certains passages plats comme un trottoir de rue (comme dirait Flaubert) et les personnages un brin caricaturaux (ils sont un peu tous pareils, non?).... Quel dommage ! J’avais entendu tellement de bons retours sur ce roman… J’aimais beaucoup le ton du livre, la satire politique et sociale de la droite conservatrice ultralibérale dans laquelle traînent encore des relents de thatchérisme ou pire encore… Visiblement, l’auteur ne s’est jamais remis du Brexit, on le comprend... Vraiment, c’est une lecture agréable, amusante parfois, un brin mélancolique, mais il me semble que la construction brouille un peu (trop) les pistes et surtout le propos. J’ai fini par m’interroger sur le sens véritable du roman et le but d’un tel échafaudage littéraire, trop labyrinthique à mon goût. Le dispositif se veut original (sans l’être totalement, avouons-le!) mais il m’a perdue. Tentez le coup, c’est une expérience. Vous me direz !




 

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