Quelle déception que ce roman dont on a dit tant de bien ! Bon, le début ne partait pas trop mal. Il me rappelait vaguement le roman d’Audur Ava Ólafsdóttir « Éden » sans que l’on retrouve toute la finesse, la poésie, l’humour et la dimension écologique des textes de cette autrice islandaise. Mais pourquoi pas… La première histoire a pour titre « Eau » : il s’agit d’une femme qui quitte sa ville, Dublin, pour « se retrouver » (je n’en peux plus des gens qui cherchent à « se retrouver »!) et se refaire une santé sur une petite île perdue... Ce n’est pas franchement nouveau mais allons-y. La baraque paumée, le chat qui s’incruste, les balades dans le vent, les bains la nuit… Après, il y a le beau jeune homme que l’on rencontre. Mais pas pour s’attacher hein, juste comme ça, parce qu’à cinquante balais, on ne se lance plus dans la moindre aventure. On profite, on s’est tellement fait chier avant. Et puis après ce qu’on a vécu…
Le reste à l’avenant : que du réchauffé en veux-tu en voilà, du déjà vu, des poncifs, des lieux communs à gogo, aucune finesse, aucune profondeur dans l’analyse psychologique et ce, quel que soit le personnage. Ils sont tous caricaturaux au possible et ne dégagent pas la moindre émotion.
Et je me demande si les histoires suivantes (toutes sur le thème des abus sexuels sur mineurs) ne sont pas pires encore que la première : tout est superficiel, simpliste, les clichés s’empilent dangereusement au fur et à mesure que l’on tourne les pages. Plus on avance, moins on y croit. Évidemment, pas de style, pas d’écriture mais ça, c’est trop demandé de nos jours. Waouh, j’ai souffert. Que de stéréotypes et d’invraisemblances ! Aucune invention, aucune originalité. On reste à la surface des gens que l’on croise (et pourtant, il y aurait tant à dire...) et l’on pourrait écrire les dialogues avant même de les lire tellement ils sont plats et attendus.
Mais le plus incroyable, c’est le titre : particulièrement lourd et besogneux en anglais : « Water, Earth, Fire, Air », traduit plus modestement par « Les éléments » en français : avec un titre pareil, on s’attend à quelque chose d’un peu « consistant » ! Que nenni, et là je trouve qu’on atteint le comble du ridicule quand on voit le rapport extrêmement mince entre ce titre pompeux et ce qui nous est servi. C’en est prétentieux au possible et vraiment risible.
Bref, pour moi, aucun intérêt.