Rechercher dans ce blog

samedi 11 janvier 2025

Cabane d'Abel Quentin

Éditions de l'Obervatoire
★★★★★

 En 1972, quatre jeunes scientifiques, spécialistes de mathématiques, économie et informatique, réunissent leurs compétences pour publier une étude intitulée « The Limits to Growth» (Les Limites à la Croissance) : les activités de l’homme sur la terre détruisent la planète. Voilà, c’est dit. Il faut donc renoncer non seulement à la croissance économique mais aussi démographique au risque d’un effondrement général vers 2050 c’est-à-dire demain.

Des choses qu’on sait et qu’on vit maintenant, chaque jour. Notre modèle de société actuel épuise les ressources de la terre, perturbe le climat, crée des inégalités. Il faut donc redéfinir un nouveau modèle économique, freiner la surconsommation et l’usage abusif des matières premières, sinon nous connaîtrons crises, famines et conflits.

Abel Quentin précise dans une note aux lecteurs que si le « rapport 21 » dont il parle dans « Cabane » s’inspire de celui de 1972, les personnages, eux, ont été inventés de toutes pièces. On se doute que l’auteur a dû s’intéresser de près à Donella et Dennis Meadows, William Behrens et Jørgen Randers pour créer le couple américain du roman : Mildred et Eugene Dundee, le Français Paul Quérillot et le Norvégien Johannes Gudsonn.

Nous découvrons la façon dont le rapport a été élaboré et les tensions qu’il a provoquées au sein du groupe des scientifiques. (Quand on pense que ça fait 53 ans qu’on dispose d’informations claires et nettes sur le sujet et que nous peinons à enrayer le phénomène, j’avoue que cela laisse pantois.) Bref...

Mais l’originalité du roman réside surtout dans le fait qu’il s’intéresse à la façon dont les quatre protagonistes ont réagi lorsqu’ils ont pris conscience du terrible constat que leur étude venait de mettre à jour. En effet : comment fait-on pour continuer à vivre normalement quand on a 25 ans et que l’on vient de découvrir que la planète ne va pas tenir le coup encore bien longtemps, et ce à une époque où la terre entière n’en a absolument rien à faire (pire que maintenant, c’est dire!) ? J’ai adoré les portraits de ces personnages que je trouve tragiques dans la mesure où ils sont détenteurs d’une horrible vérité et donc d’une trop lourde responsabilité pour eux.

Chacun d’eux réagira à sa manière...

« Cabane » est un roman passionnant, terrible, satirique, qu’on lit comme un roman policier et qui donne vraiment envie de réagir. On apprend plein de choses sur l’histoire de l’écologie et Abel Quentin est un génial vulgarisateur qui nous donne accès à des concepts scientifiques, philosophiques et écologiques essentiels. C’est ce type de livre qui donne envie de vivre autrement. Ça calme comme on dit !

Un vrai coup de coeur !

  





 

dimanche 8 décembre 2024

Le paradis des fous de Richard Ford

Éditions de l'Olivier
★★★★☆

 « Ces temps-ci, je me suis mis à penser plus souvent qu’autrefois au bonheur » constate Frank Bascombe en ouverture du dernier roman de Richard Ford. Ce volume achève la saga mettant en scène l’agent immobilier. Âgé maintenant de 74 ans, il s’autorise courageusement un petit bilan de son existence : la perte d’un fils, deux divorces, un cancer de la prostate, des parents et une première femme disparus, des dépressions. « Rien d’insurmontable » résume-t-il et il conclut avec ces quelques mots : « je dirais que j’ai été heureux. »

Sauf que depuis peu, son fils, Paul, 47 ans, a la maladie de Charcot et, évidemment, l’illusion du bonheur s’étiole un peu...

Combien de temps vivra-t-il ? Ce qui est sûr, c’est que ce temps est compté. Alors le père a un projet un peu fou, histoire de compenser tous les moments où il a été absent : faire avec son garçon un road trip à travers l’Amérique, du Palais du maïs jusqu’au mont Rushmore. Peut-être que cette virée les rapprochera, qu’ils communiqueront un peu mieux. Et les voilà lancés, en plein coeur de l’hiver, à bord d’un vieux Windbreaker de location, camping-car absolument pas adapté au handicap du fils mais on s’en fout un peu, Paul est content, et, plié en deux, les jambes tremblantes, le sweat « Génie au tarvail » (sic) sur le dos, les lunettes de travers et la casquette sur les yeux, c’est parti pour le mont Moche-mort.

Du Minnesota au Dakota du Sud, blagounettes entre père et fils, vannes, insultes fusent dans la cabine glacée du Windbreaker laissant place parfois à quelques confidences, considérations philosophiques sur l’existence, l’absurdité du monde et la déchéance physique ... le tout sur un ton désabusé et ironique, toujours très lucide… Et l’on traverse avec eux une Amérique de banlieues et de supermarchés, complètement kitsch, souvent très laide et bien désespérante, l’Amérique de Trump, celle des laissés-pour-compte. Il ne se passe pas grand-chose sinon qu’ils sont tous les deux, même si l’un dort les trois quarts du temps tandis que l’autre pense à la vie. A-t-il réussi la sienne ?

Un texte parfois un peu longuet c’est vrai, mais tellement touchant, dans lequel il est question d’un bonheur auquel on s’accroche quand tout s’effondre autour de soi...

Très beau et plein d’humanité.


 

vendredi 6 décembre 2024

Le Club des enfants perdus de Rebecca Lighieri

Éditions P.O.L
★★★★★

 Un livre comme celui-ci est aussi rare que l’alignement des planètes… Dans ce roman tout a trouvé écho en moi, tout m’a parlé, chaque scène, chaque dialogue… J’ai vibré à chaque mot, j’ai ressenti une empathie sans limites pour tous les personnages, même pour ceux qui, dans un premier temps, m’ont semblé moins sympathiques. J’ai fini par les trouver attachants, tellement pétris d’humanité. Oui, c’est ça. Ce livre, c’est du vivant, de l’amour pur, de la poésie. Ce livre, ce sont des personnages que l’on va porter en soi longtemps, avec lesquels on va vivre. Ils vont s’agglomérer à ces êtres dont je ne sais plus vraiment s’ils sont de fiction ou de chair et de sang.

Miranda, écrire ton nom me fait venir les larmes aux yeux, Armand, mon grand inconsolable, je te serre très fort dans mes bras, Birke, reste la lumière que tu es, et toi, mon pauvre petit Swan, frère d’Hémon, tu sais, celui qui devait être le mari d’Antigone…. Et moi, je me retrouve à jouer le rôle du Prologue, je parle d’eux, j’aimerais que l’histoire recommence, j’aimerais que personne ne se laisse « plus distraire par le bonheur », j’aimerais qu’ils écoutent ensemble l’oiseau qui vient chanter le soir, cet oiseau étrange dont personne ne connaît le nom. Mais voilà je ne peux rien faire que regarder mon livre fermé et cette histoire terminée... Si j’ouvre une page, une seule page, les larmes me viennent.

Drôle de chronique… pour un livre si merveilleux qu’il méritait sans doute mieux.

Mais les mots me manquent ce soir pour dire à quel point j’ai aimé ce roman fascinant et magique, envoûtant et poétique, fait de lumière et d’ombre, d’illusion et de réalité, de paradis et d’enfer, de passion et de désir…

Ce texte m’a enchantée et bouleversée.

Je l’aime infiniment.


 

samedi 23 novembre 2024

L'effondrement d'Édouard Louis

Éditions du Seuil
★★★★★

 Me reviennent les paroles du choeur dans l’« Antigone » d’Anouilh : « Dans la tragédie, on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme !… Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, … , à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit... » J’ai repensé à ces mots en lisant ce portrait du frère, alcoolique, mort à 38 ans.

Lui aussi pris comme un rat.

Ce texte m’a bouleversée.

J’ai entendu la voix de l’auteur, ses mots justes, précis, posés, exacts, à la recherche de la vérité, une vérité dont il a pensé un jour qu’il la connaissait, lui, peut-être même qu’au début du livre, il y croyait encore à cette vérité qui explique tout. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il s’était trompé sur pas mal de choses. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il ne savait pas.

Parler d’un frère mort, un frère qu’on n’a pas aimé, raconter comment il ne s’en est pas sorti, comment avec toute la violence qu’il subissait depuis l’enfance, l’indifférence, les rires moqueurs, l’absence d’amour, de reconnaissance, d’encouragement, il ne pouvait pas s’en sortir. Une tragédie. Terrible. Une tragédie des temps modernes. « Mon frère vivait dans la terreur que ma vie ne ressemble à la sienne. » Une famille où la mère se tait et où le père rabaisse constamment le gamin. On lui dit qu’il ne vaut rien. Qu’il se suicide, c’est son problème ! « La violence circulait entre nos corps, comme un flux, comme un courant électrique. » Un gamin qui se débat, qui cherche une porte de sortie, qui revient régulièrement chez ses parents pour dire qu’il a peut-être trouvé un boulot. Mais personne n’y croit. On lui ricane au nez. Alors il tente autre chose. Mais toutes ses tentatives échouent. Parce que, dans une tragédie, on a beau se débattre, on ne s’en sort pas. Cela s’appelle l’Injustice. Et les mots de l’auteur, comme un choeur qui se lamente : « et je suis tellement triste, tellement triste » me font pleurer.

« L’effondrement » est un livre somptueux, comme peut être somptueuse une tragédie dans sa pureté, sa force, le désastre qu’elle porte en elle dès les premières lignes. Le déterminisme social comme une malédiction, une infortune, une calamité qui ne lâche jamais prise, toujours rattrape, plane au-dessus de la tête comme les Érinyes, riant de voir que l’abîme se rapproche. Pas la peine d’essayer de fuir. Comme dans les sables mouvants, plus l’on bouge, plus l’on s’enfonce. Alors, il faut se taire et rester à sa place. Mais le frère avait des rêves plus grands que lui.

Et la prise de conscience de l’auteur qu’il n’y a peut-être pas qu’une seule explication. Que la sociologie n’est pas suffisante, qu’il y a peut-être d’autres réponses, ailleurs. Et ces mots qui concluent l’oeuvre : « Encore une chose que je ne savais pas » et qui résonnent en nous comme les mots d’un enfant.

« L’effondrement » est un livre terrible et sublime.


 

samedi 12 octobre 2024

Bien-être de Nathan Hill

Éditions Gallimard
traduction: Nathalie Bru
★★★★★
coup de coeur


 Si je laisse de côté une belle tendinite à l’épaule qui s’est rappelée à moi lors de la lecture de ce pavé (pas loin de 700 pages quand même), j’ai vraiment adoré ce roman. Un VRAI roman, j’allais dire comme on ne sait plus en faire, bien épais avec des personnages aux portraits extrêmement fouillés et une construction astucieuse qui dévoile petit à petit tout un tas d’informations permettant de mieux comprendre l’origine de leur comportement… C’est là qu’on voit que Nathan Hill est vraiment un conteur virtuose qui nous fait vivre pleinement l’enfance de ses deux personnages principaux, un peu à la manière des récits du XIXe : là, on est complètement embarqué, impossible de lâcher prise. Je ne parlerai pas non plus (belle prétérition) de la recherche documentaire vertigineuse qui a précédé l’écriture de ce texte, le rendant vraiment passionnant. Les thèmes abordés, dans une perspective scientifique et sociologique, sont multiples et riches : éducation, relations amoureuses, couple, effet placebo, fiction, algorithmes... Les analyses se mêlent subtilement à la fiction sans jamais peser et les grands mythes passent à la moulinette de la déconstruction...

J’ai aimé aussi l’humour omniprésent … Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant un livre ! Cette satire de notre monde moderne est vraiment jubilatoire... (pour celles et ceux qui l’ont lu, je pense, entre autres, aux pages évoquant la façon dont le père de Jack découvre Facebook et le monde d’Internet… HILARANT !!!)

Et enfin, l’humanité et la poésie de ce roman m’ont beaucoup touchée.

Bref, lire ce roman, c’est être porté par une histoire qui nous tend un miroir : on rit de nous-même et des autres, des fictions qui nous font vivre et qui nous aident à supporter notre pauvre humanité. Mais l’on apprend aussi à accepter d’être ce que l’on est …

Je vous laisse faire connaissance avec Jack Baker et Elizabeth Augustine… Nous sommes dans les années 90 à Chicago. Leurs appartements se font face. Ils s’épient, ont follement envie de se rencontrer et de s’aimer…

Un roman brillant et un pur bonheur de lecture.

Gros coup de coeur !

 

lundi 16 septembre 2024

Alors c'est bien de Clémentine Mélois

Éditions l'arbalète Gallimard
★★★★★

 J’adore Clémentine Mélois. J’avais beaucoup aimé ses « Cent livres », parodies assez géniales de couvertures des grands chefs-d’oeuvre littéraires. Ses « Six fonctions du langage » m’avaient fait hurler de rire, quant à ses listes de « Sinon j’oublie » : elles m’ont transformée en fan absolue. Qu’est-ce qu’elle me fait rire avec toutes ses inventions, ses détournements, sa fantaisie, sa façon de voir le monde et de s’en moquer joyeusement. Parce qu’il vaut mieux rire, toujours, tout est tellement triste parfois. Ah, c’est vraiment une fille que j’aurais aimé avoir comme copine !

Elle nous parle ici de la mort de son père… Eh bien figurez-vous que l’on rit presque à chaque page (même si on pleure un peu aussi…) et l’on découvre toute la famille. J’adore la famille Mélois à la folie. Je demande le père, un sculpteur drôle, tellement drôle, poète aussi, inventeur, chanteur, philosophe… grand amoureux de sa femme et un papa fou de ses filles Mathilde, Barbara et Clémentine… La mère est prof de français, le plus beau métier du monde, mais elle sait tout faire, elle aussi ! Puis, il y a des bêtes aussi chez les Mélois. Et des amis qui passent.

Bernard travaille à ses sculptures (tellement incroyables) en sifflotant « Petite fleur». Il meule des heures entières, perdu derrière un feu d’artifice d’étincelles. Il en a usé des meuleuses Eco+ à 19 euros 90 ! Entrer dans son atelier, c’est magique… (je suis allée voir sur Internet)… C’est la caverne d’Ali Baba. Les Mélois sont des glaneurs. Ils ramassent ici et là tout ce qui peut servir ! Et comme tout peut servir, ils en ramassent des choses ! Une forge par exemple. Pour quand ils auront besoin de forger quelque chose…

Et puis, dans cet atelier, on peut tomber sur un Monet, un Miró, un Klein, certes signé d’une écriture qui ressemble étrangement à celle de Bernard, mais on s’en fiche ! Il y a même un Camille Corot dédicacé à Bernard : « À Mélois dont je pressens la grande œuvre. » Le rire est partout chez les Mélois même sur la tondeuse automatique sur laquelle ils ont scotché le buste du pape… Jolie la papamobile !!!

Donc dans ce livre, il s’agit de la mort du père, disais-je, mais c’est tellement la vie dans cette famille que la mort du père c’est toujours la vie, l’amour, la tendresse, le rire, l’imagination. Ils veulent lui rendre un hommage de folie, à la hauteur de ce qu’il a toujours été, un être exceptionnel. Ils bossent comme des fous pour que tout soit beau, avec des lumières, de la jolie peinture bleue sur le cercueil, des poèmes, de la musique. Un véritable show !

Bernard a choisi son cimetière, un cimetière marin à Saint-Quentin-sur-Allan dans l’Aisne, au beau milieu d’un champ de blé et de forêts. Il a installé un carillon sur le muret qui monte au cimetière, une rampe musicale faite de tubes en alu (on a toujours plein d’inventions chez les Mélois) et l’on salue les morts ou on les prévient que l’on arrive.

Tiens, d’ailleurs, ça serait une bonne idée de se faire enterrer avec des choses qu’on aime… des galettes bretonnes par exemple !

Ce texte de Clémentine Mélois est un magnifique hommage à son père. Bien sûr, il est question de la mort mais l’on sourit à chaque page tellement cette famille est attachante. Et puis, comme l’écrit l’autrice : « Ceux qu’on aime souffrent et meurent, et on se surprend à rire encore. Le chocolat est délicieux. Le champ de lin n’a rien perdu de sa beauté, la clématite sauvage croule sous les fleurs. Ça sent le maquis corse et la lande bretonne, les ronces larges comme des tuyaux d’arrosage promettent des mûres aussi grosses que des noix, on se dit qu’on pourra en faire des tonnes de confiture. Malgré tout. »

Un bonheur absolu de lecture !




 

jeudi 5 septembre 2024

Jour de ressac de Maylis de Kerangal

Éditions Verticales
★★★☆☆

 Ah, l’écriture de Maylis de Kérangal, ces phrases qui s’enroulent sur elles-mêmes, se tordent, se déploient … Et ces mots pleins de minéralité, de matière, de substance. Du brut, de l’organique, du primitif. Lire un texte de Maylis de Kérangal, c’est vivre une espèce de corps à corps sensuel avec le monde. Tu te prends de la poussière, du vent, du béton. Bonne idée, Le Havre, pour ça ! (Tiens, un jour il faudra que je vous raconte ma visite du Havre sous la pluie avec ma fille… hein, tu t’en souviens Pauline comme tu m’avais bousillé ma journée, mon appartement Perret, moi qui rentrais dans tous les halls d’immeubles pour en admirer les boîtes aux lettres…) Elle sait rendre les lieux, Maylis, les dire, en extraire la substantifique moelle. Elle est douée aussi, pour vous balancer dans un monde inconnu : celui des transplantations cardiaques, des décors en trompe-l’oeil, des fabrications de ponts. Tu n’y connais absolument rien et tout d’un coup, ça devient ta plus grande passion. T’as juste envie de prendre tes pinceaux ou de t’inscrire au conservatoire d’art dramatique pour apprendre les techniques du doublage... Et elle t’offre tous les mots qui vont avec et qu’elle est allée chercher un par un, du plus simple au plus tordu... et tout cela nous régale et on en redemande ! Je raffole de tout ça, de tous les trucs estampillés « Kérangal », toujours les mêmes, dans chaque livre, toujours aussi délicieux...

Pourtant là, j’ai mis du temps à comprendre ce qui ne passait pas. Il y avait un truc qui coinçait et qui faisait que non, cette fois-ci, ça ne prenait pas vraiment. Je lisais le texte « de loin » sans vraiment rentrer dedans. Il m’a fallu deux lectures pour comprendre. En fait, j’ai eu l’impression de lire une espèce de patchwork mal cousu, des textes conçus séparément et mal lissés, mal ficelés. Des morceaux disparates, un peu trop dans l’air du temps et dont à vrai dire je n’ai pas toujours bien vu l’intérêt ... Et pire que ça, j’ai senti parfois que l’on frôlait le cliché… Horreur… Ah, le départ dans la nuit de la narratrice et de son mari roulant en vélo électrique sur la piste cyclable le long du canal de la Villette… Je ne suis pas foncièrement allergique aux vélos électriques (en tout cas, nettement moins qu’aux trottinettes) mais franchement cette fin un peu bobo-parisien-les-cheveux-dans-le-vent…

« Jour de ressac » ne m’a pas séduite. J’ai trouvé ce texte convenu et pas très original dans le fond.

Elle tenait pourtant l’incroyable thème du doublage. Ahhhh, elle l’avait son truc ! Il aurait fallu sans aucun doute creuser de ce côté là.

Le Havre ok, le vent, la mer, le passé, la guerre, l’amoureux oui oui…

Mais le doublage quand même ç’aurait été tellement mieux !