mercredi 13 mai 2026

Femmes sur fond azur de Chantal Thomas

Éditions du Seuil
★★★★★
(coup de coeur!)

 Quelle merveille que ce livre ! L’écriture de Chantal Thomas est un délice, il n’y a pas d’autres mots. Elle manie la langue avec virtuosité et élégance et je la pense sans égale. Lire les mots de Chantal Thomas parlant des couleurs de la mer dans le Sud de la France, des nuances folles des fleurs et de la lumière, si vive et si franche, c’est immédiatement vous retrouver dans les rues de Nice ou de Menton, une fin d’après-midi d’été. Aucunement besoin de prendre le train, il suffit de lire pour voyager, sentir, rêver. Lieu commun, me direz-vous ? Ici, non. Ce livre est un voyage. Vraiment !

Mais portée par mon enthousiasme, j’en oublie de vous dire le sujet : l’autrice dresse le portrait de six femmes de caractère qui ont séjourné sur la Côte d’Azur où elle ont découvert la beauté, la douceur et surtout la liberté : Sophie Cruvelli, la reine Victoria, Marie Bashkirtseff, Katherine Mansfield, Colette et Jacqueline Thomas, la mère de l’autrice. Et croyez-moi, chaque portrait est passionnant, très vivant et l’on apprend une multitude de choses. Imaginez la Reine Victoria arrivant à Nice dans son train personnel avec son lit à baldaquin, ses tapis, ses miroirs, sa vaisselle, son cuisinier, ses dames d’honneur, ses courtisans, ses chevaux, ses chiens, son âne Jacquot… Quel personnage ! Elle occupera soixante-dix chambres de l’hôtel Excelsior ! Je repense aussi à Colette et à sa maison « La Treille muscate », à son amour de la vie, des « vrais longs étés », à sa recette de rascasse « au coup de pied » Extraordinaire ! Et Katherine Mansfield, si touchante, qui quitte Wellington pour vivre libre à Londres, échapper au carcan de sa condition de femme et qui tentera de soigner sa tuberculose à Menton...

Chantal Thomas a l’art de raconter en choisissant le détail qui va révéler la personnalité profonde de chacune. J’ai eu le sentiment de découvrir ces femmes pour la première fois tellement l’évocation est juste et intime.

La dernière personne évoquée est la mère de l’autrice, une femme peu maternelle, distante, toujours en mouvement, n’aimant pas la lecture et qui renaîtra à Nice après avoir déménagé suite à la mort de son mari. L’autrice regarde toujours cette femme, si différente d’elle, avec une curiosité bienveillante et le lien entre elles finira par se tisser dans une douce lumière de réconciliation.

Je voue une admiration sans limites à Chantal Thomas, si délicate et si pudique, si amoureuse du monde et de la joie incommensurable de le contempler.

Magnifique !


 

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