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mercredi 20 mai 2026

Voir venir de Lucile Novat

Éditions du sous-sol
★★★★★

 Lucile Novat frappe très fort avec « Voir venir » : un excellent premier roman singulier, original et très vivant. Dès les premières pages, on sent une tension sourde, presque invisible, qui ne cesse de croître et l’on avance dans ce récit comme dans un couloir mal éclairé, avec la sensation qu’un danger rôde derrière chaque porte que l’on pousse comme on tourne la page pour entrer dans un nouveau chapitre.

Le décor participe énormément à cette impression : l’histoire se déroule à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis, établissement bien réel, fondé par Napoléon, réservé aux filles et petites-filles de décorés de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite ou de la médaille militaire et qui occupe l’ancien cloître de la basilique Saint Denis. Ce n’est pas rien quand même ! Imaginez : un pensionnat de jeunes filles en uniforme bleu et chemisier blanc, des règles strictes, un grand bal avec les cadets de Saint-Cyr, des bâtiments immenses, des canapés en velours, des portraits d’hommes médaillés aux murs. Le réfectoire, paraît-il, est orné d’un grand tableau représentant « Le Martyre de Saint Denis, de Saint Éleuthère et de Saint Rustique », œuvre du peintre flamand : Gaspard de Crayer. Bon appétit ! Saint Denis, terre de contrastes... avec plantée là au beau milieu du 93 une sorte de bulle figée dans le temps où les résultats au bac sont parmi les meilleurs de France...

Mais « Voir venir » n’est pas un énième roman sur l’école. Très vite, le récit glisse ailleurs : le pensionnat devient un lieu hanté, pas forcément par des fantômes au sens classique, mais par les héritages familiaux, les silences, les secrets et des violences qu’on préfère taire. Les murs semblent absorber les histoires des générations passées. Le réel se fissure peu à peu, et l’étrange s’infiltre partout : dans une odeur qui traîne, dans une nuit trop silencieuse, dans des histoires racontées entre filles, dans des visions qui prennent soudain une dimension inquiétante.

Au centre du récit, il y a Vanessa, surveillante de l’internat. C’est par elle qu’on entre dans ce monde fermé. Ancienne ado des quartiers populaires, un peu cabossée, elle observe les pensionnaires avec fascination autant qu’avec inquiétude. Elle veille sur Lou, Suzanne, Adèle et Yasmine, quatre adolescentes soudées, des filles brillantes, cultivées, impeccables en apparence mais traversées par des failles immenses. Derrière les uniformes et les bonnes manières, chacune porte ses blessures : des deuils, des traumatismes, des familles éclatées ...

Lucile Novat, professeure en collège - poste d’observation idéal s’il en est - est très douée pour raconter l’adolescence. Ses personnages ne sont jamais caricaturaux : ses jeunes filles sont complexes, nerveuses, fragiles, parfois presque monstrueuses dans leurs excès, leurs colères ou leurs silences. Et c’est ce qui les rend si vraies. Elles parlent comme parlent les jeunes aujourd’hui, c’en est bluffant de vérité et donc de vie.

Le roman parle de sororité, de cette façon qu’ont certaines adolescentes de vouloir se sauver mutuellement tout en risquant parfois de sombrer ensemble. À la vie, à la mort. Il interroge aussi ce dont on hérite sans l’avoir choisi. La médaille qui ouvre les portes de cette école prestigieuse devient peu à peu un symbole ambigu, presque lourd à porter. Derrière les récits glorieux des pères et des grands-pères apparaissent des histoires beaucoup moins héroïques : violences, domination, mémoire coloniale, secrets familiaux. « Voir venir » pose alors une question essentielle : qu’est-ce qu’on transmet vraiment aux générations suivantes ? Des valeurs ou des blessures qu’on refuse d’assumer ?

L’une des plus grandes réussites du roman reste son atmosphère. Lucie Novat mélange le roman social, le gothique, le fantastique et même l’horreur contemporaine avec une incroyable maîtrise.

Et puis il y a l’écriture : moderne, nerveuse, sensuelle. C’est une langue qui claque, qui pétille autant qu’elle enveloppe. Lucile Novat alterne des phrases courtes, tendues, électriques, et des passages plus longs, plus hypnotiques, qui donnent l’impression, dans cette impossibilité que l’on éprouve soudain à reprendre notre respiration, d’étouffer avec les personnages. On sent une vraie maîtrise du rythme et les images, souvent originales, inattendues et pleines d’invention, sont assez géniales...

«Voir venir » est de ces romans qui laissent une trace étrange après la dernière page. Un livre à la fois mélancolique, politique et hanté, qui parle des adolescentes, des femmes, des héritages familiaux et de tout ce qu’on tente de mettre sous le tapis sans jamais réussir vraiment à s’en débarrasser.

Un premier roman puissant, audacieux et habité, qui confirme l’émergence d’une voix littéraire singulière.


                                                                                   





 

dimanche 17 mai 2026

Selon toi de Marielle Hubert

Éditions P.O.L
★★★★★
(coup de coeur)

 Il est des livres que l’on admire « de l’extérieur » pour la finesse de leur écriture, l’intelligence de leur construction, la richesse de leur sujet. Mais il en est certains, plus rares, plus bouleversants, qui viennent, en plus, se loger au plus intime de nous-mêmes. Ceux-là ne se contentent pas d’être lus : ils nous lisent en retour. Ils mettent des mots sur nos silences, éclairent des douleurs que nous portions obscurément, révèlent des émotions longtemps demeurées sans nom. Alors quelque chose cède en nous. Chaque phrase devient une secousse, chaque page remue des strates enfouies de souvenirs et d’émotion. Ce n’est plus seulement une lecture : c’est une traversée intérieure, une déflagration secrète. Et l’on sait, avec une certitude presque douloureuse, que ce livre désormais nous accompagnera toujours - dans notre esprit, dans notre cœur, au fond de nos bagages. On y reviendra comme on revient à soi-même.

Alors voilà. « Selon toi » est pour moi un de ces livres. J’ose à peine dire de quoi il parle tellement cela revient à plonger dans ce que je suis. Vous me direz alors que je suis mal placée pour en parler. Non, rassurez-vous, c’est un livre remarquable, d’une beauté saisissante et d’une sensibilité rare pour tout lecteur même s’il est vrai que pour moi il va bien au-delà, au-delà des mots, au-delà du livre même.

Allons-y.

Le 7 mars 2022, Marielle Hubert apprend que la professeure de théâtre qu’elle avait lorsqu’elle avait douze ans, en 1995, à L’Espace Gérard-Philipe de Sartrouville, est morte. Personne ne l’avait prévenue. Qui l’aurait fait ? Elle voulait lui annoncer la parution de son premier roman chez POL. Elle était tellement fière de le lui dire. Mais elle est morte depuis huit mois. L’autrice est sidérée, violentée. Le mail envoyé lui revient. Delivery failure. Elle est morte depuis plusieurs mois celle qui était son amour absolu, total. Elle s’appelait Pascale Lemée et était son maître, son modèle, son idéal, celle qui fut à l’origine d’une révélation fondatrice : le théâtre et l’amour de la littérature, des mots des autres, celle qui la fit renaître, basculer vers quelque chose d’essentiel : la possibilité d’exister autrement, celle aussi qui aurait pu la faire sombrer tellement le don de soi n’est pas sans risque. « Les gens qui me connaissent connaissent aussi ton nom ils savent quand je dis Pascale Lemée que c’est un peu comme quand on dit « il était une fois ». Ils savent que ce qui va suivre tient du mythe des origines qui n’existe pas en soi comme chacun sait mais comme une borne, une pierre, un monument ancien à partir duquel on mesure toutes les distances de l’univers. »

Comme Internet ne garde presque aucune trace d’elle, Marielle Hubert entreprend de lui redonner chair par l’écriture. Elle va donc parler de cette femme, de ce qu’elle était, de ce qu’elle écrivait, de son travail de metteur en scène, de sa beauté, de son être, de ce qu’elle lui a apporté, de ce qu’elle attendait qu’elle lui donne à elle, l’amoureuse, l’adoratrice, la fervente, la dévote, la disciple, la fidèle, l’ardente, l’éperdue. Passion presque mystique de celle qui cherche à habiter l’être aimé autant qu’à être reconnue par lui. Peut-on parler d’emprise ? « À te voir, je sais que je suis arrivée où je cherchais à vivre, mais peut-on vivre dans quelqu’un ? »

« Selon toi » est ainsi bien davantage qu’un récit de mémoire. C’est une résurrection par les mots. Un tombeau littéraire au sens le plus noble : une offrande déposée à celle qui n’est plus afin que son nom continue de vibrer dans le monde. Mais c’est aussi un immense cri d’amour, un texte d’une sincérité vertigineuse où la gratitude se mêle au manque, où l’admiration devient presque une forme de foi. Peu de livres atteignent cette intensité-là. Celui-ci le fait avec une grâce bouleversante. On referme ses pages comme on quitte un lieu sacré, les yeux pleins de larmes et le cœur étrangement agrandi.


 

vendredi 15 mai 2026

Une forêt de Jean-Yves Jouannais

Éditions Albin Michel
★★★★★
(coup de coeur)

 Chef-d’oeuvre oui vraiment chef-d’oeuvre !

Voilà, j’ai tout dit. Et si mon blog existe, c’est précisément pour mettre en valeur des textes comme celui-ci, d’une très grande force et d’une très grande beauté tant par l’écriture que par le choix du sujet.

L’histoire commence en 1947. Un soldat américain de l’US Army, le capitaine et avocat Jacob Lenz, arrive à Brême pour travailler à la « Commission principale de dénazification », tribunal administratif dont la mission consiste à « signer et condamner les citoyens coupables d’avoir servi le régime hitlérien et… faire en sorte que la propagation dans le temps et l’espace d’éléments culturels spécifiquement nazis puisse être jugulée, et ce, définitivement. »

En effet, un mois plus tôt, le soldat avait reçu une convocation émanant des services de l’US Army Reserve pour une mission un peu mystérieuse dont, à son arrivée, il ne connaît toujours pas la nature.

Il s’installe dans un hôtel où vivent, dans un silence étrange, une femme et son fils. J’ai eu le sentiment de retrouver un peu l’atmosphère du « Silence de la mer » de Vercors. Peu à peu, la notion du temps semble s’effacer, donnant lieu à des errances fantomatiques dans un espace enténébré et ravagé par la guerre qui suscite chez Lenz malaise et interrogations.

Lenz va bientôt rencontrer ladite commission pour avoir plus d’informations sur sa mission...

Je ne vous en dirai pas plus pour conserver l’effet de surprise (ne lisez pas non plus la 4e de couv’), mais croyez-moi, vous ne vous attendez certainement pas à l’affaire dont il va être chargé.

L’écriture de ce texte m’a bouleversée. L’auteur parvient à créer une ambiance trouble, opaque, notamment dans l’évocation de ce soldat et de son rapport au monde, au paysage et aux êtres.

Le texte touche à la fois à l’absurde, parfois drôle (on pense à Gogol et à Kafka) et à la philosophie : il aborde en effet le sujet de la culpabilité, de la mémoire, de l’héritage idéologique et de la façon dont, après la guerre, les institutions travaillent pour garantir une réparation et une reconstruction du pays.

C’est remarquable de sensibilité et de finesse.

Un grand texte.  


 

mercredi 13 mai 2026

Femmes sur fond azur de Chantal Thomas

Éditions du Seuil
★★★★★
(coup de coeur!)

 Quelle merveille que ce livre ! L’écriture de Chantal Thomas est un délice, il n’y a pas d’autres mots. Elle manie la langue avec virtuosité et élégance et je la pense sans égale. Lire les mots de Chantal Thomas parlant des couleurs de la mer dans le Sud de la France, des nuances folles des fleurs et de la lumière, si vive et si franche, c’est immédiatement vous retrouver dans les rues de Nice ou de Menton, une fin d’après-midi d’été. Aucunement besoin de prendre le train, il suffit de lire pour voyager, sentir, rêver. Lieu commun, me direz-vous ? Ici, non. Ce livre est un voyage. Vraiment !

Mais portée par mon enthousiasme, j’en oublie de vous dire le sujet : l’autrice dresse le portrait de six femmes de caractère qui ont séjourné sur la Côte d’Azur où elle ont découvert la beauté, la douceur et surtout la liberté : Sophie Cruvelli, la reine Victoria, Marie Bashkirtseff, Katherine Mansfield, Colette et Jacqueline Thomas, la mère de l’autrice. Et croyez-moi, chaque portrait est passionnant, très vivant et l’on apprend une multitude de choses. Imaginez la Reine Victoria arrivant à Nice dans son train personnel avec son lit à baldaquin, ses tapis, ses miroirs, sa vaisselle, son cuisinier, ses dames d’honneur, ses courtisans, ses chevaux, ses chiens, son âne Jacquot… Quel personnage ! Elle occupera soixante-dix chambres de l’hôtel Excelsior ! Je repense aussi à Colette et à sa maison « La Treille muscate », à son amour de la vie, des « vrais longs étés », à sa recette de rascasse « au coup de pied » Extraordinaire ! Et Katherine Mansfield, si touchante, qui quitte Wellington pour vivre libre à Londres, échapper au carcan de sa condition de femme et qui tentera de soigner sa tuberculose à Menton...

Chantal Thomas a l’art de raconter en choisissant le détail qui va révéler la personnalité profonde de chacune. J’ai eu le sentiment de découvrir ces femmes pour la première fois tellement l’évocation est juste et intime.

La dernière personne évoquée est la mère de l’autrice, une femme peu maternelle, distante, toujours en mouvement, n’aimant pas la lecture et qui renaîtra à Nice après avoir déménagé suite à la mort de son mari. L’autrice regarde toujours cette femme, si différente d’elle, avec une curiosité bienveillante et le lien entre elles finira par se tisser dans une douce lumière de réconciliation.

Je voue une admiration sans limites à Chantal Thomas, si délicate et si pudique, si amoureuse du monde et de la joie incommensurable de le contempler.

Magnifique !


 

dimanche 10 mai 2026

Le Compromis de Long Island de Taffy Brodesser-Akner

 

Éditions Calman Lévy
★★★★☆

 Avec « Le Compromis de Long Island », Taffy Brodesser-Akner s’empare du concept de "famille dysfonctionnelle" et pousse le curser au maximun. En effet, chez les Fletcher, richissime famille juive new-yorkaise installée à Long Island, tout le monde est blindé de névroses, et l’argent ne règle absolument rien, bien au contraire : il permet juste de cacher les fissures derrière de vastes maisons luxueuses et des cuisines hors de prix.

Tout part d’un événement terrible : Carl Fletcher, directeur d’une usine d’emballage polystyrène créée par le grand-père rescapé de la Shoah, est kidnappé puis relâché contre rançon. Toute la famille en est extrêmement secouée mais au lieu d’affronter le traumatisme, ils décident de faire comme si de rien n’était. « L’enlèvement fut progressivement rabaissé à cela : une brève période où il y avait eu un dybbouk dans les tuyaux. Une gêne, un obstacle, un astérisque dans la légende familiale. Un moment où les choses avaient mal tourné, comme l’appendicite de Bernard, ou la Shoah. » La grand-mère dit à son fils que ce qui est arrivé n’a atteint que son corps et pas son âme : une bien mauvaise idée, évidemment car des années après, l’événement continue de contaminer leurs vies.

En effet, les personnages, très angoissés, souffrent de nombreuses névroses. Le fils aîné de Carl, Beamer, part en vrille totale et sa dépendance à la drogue et au sexe nous vaut des scènes hilarantes, peut-être les meilleures du roman ! Son frère, Nathan, essaie de tout contrôler jusqu’à l’implosion et Jenny, la petite sœur, révoltée contre l’héritage familial, cherche désespérément un sens à sa vie. Chacun gère son mal-être comme il peut, c’est-à-dire très mal.

L’humour juif drôle et mordant alterne avec des moments désespérés. On se situe entre Woody Allen et Philip Roth, dans une espèce de folle comédie satirique proche du vaudeville où les personnages sont toujours excessifs, ce qui rend le roman vivant, d’autant que la partie dialoguée est très importante. Derrière les disputes familiales, les crises existentielles et les échanges acides, le livre évoque surtout ce dont on hérite sans l’avoir choisi : les angoisses, les blessures, les silences.

Au final, « Le Compromis de Long Island », fresque ambitieuse dans la lignée des grandes sagas américaines, est une réflexion sur le poids de la réussite sociale, de l’identité juive et des traumatismes qui se transmettent de génération en génération. Et même quand les Fletcher deviennent exaspérants et que le texte s’enlise un peu, on continue de les suivre parce qu’au fond, leur chaos ressemble un peu au nôtre – mis à part les quelques billets de plus qu’ils ont sur leur compte en banque.




mercredi 6 mai 2026

L'autre moi de Franck Thilliez

Éditions Fleuve Noir
★★★★★
(coup de coeur!)

 Je ne sais pas sur quels critères on juge les qualités d’un roman policier mais si c’est sur le fait qu’on est obligé d’appeler une copine pour qu’elle vienne dormir à la maison parce qu’on a la trouille, eh bien on peut dire que c’est un polar plutôt efficace ! J’ai littéralement avalé ce dernier Thilliez en trois soirées : tant mieux pour la copine qui n’a pas été obligée de rester jusqu’à l’été ! J’ai été en effet littéralement cueillie par ce thriller psychologique très bien ficelé, à l’intrigue complexe et à la construction impeccable. L’histoire est bien menée avec des explications claires permettant de bien comprendre l’évolution de l’enquête et le souci constant de la part de l’auteur de faire des petits récap’ pour être sûr que le lecteur suive bien. J’ai apprécié.

Thilliez nous embarque ici au coeur de la forêt de La Grande Chartreuse, dans un site secret-défense ultra-protégé : Longepin, où travaillent des militaires et des chercheurs en neurosciences. Le lieu est certes magnifique mais on n’y fait pas ce qu’on veut, c’est le moins que l’on puisse dire. Sibylle s’y installe avec son compagnon, Erwann, docteur en neurosciences, qui a eu la chance d’être retenu pour travailler avec les meilleurs spécialistes dans ce lieu à la pointe de la recherche. Une super promo quoi !

Nous suivons parallèlement deux lieutenants de police de la PJ de Grenoble, Vic et Vadim, lancés sur une enquête plutôt sordide dont je ne vous dirai rien …

On retrouve les thèmes chers à Thilliez : la frontière mouvante entre rêve et réalité, conscience et inconscience, les questionnements sur l’identité et la mémoire...

« L’autre moi » est un polar totalement addictif qui nous plonge dans un monde hyper-oppressant et totalement effrayant. Le suspense terrible garantit au lecteur un endormissement tardif, un rythme cardiaque soutenu et des lendemains vaseux. Bref, un vrai page-turner qu’on ne lâche pas…

Vous êtes prêts? Alors… bienvenue à Longepin !

★★★★★


samedi 2 mai 2026

Spécimen de Pauline Clavière

Éditions Grasset
★☆☆☆☆

 Et vlan, je suis bien tombée dans le panneau : la radio, la presse, les réseaux sociaux en font des éloges dithyrambiques, Olivia de Lamberterie le porte aux nues, dans les couloirs du métro de larges affiches en vantent les mérites et Maxime Chattam (comme si Maxime Chattam était une garantie!) déclare sur le bandeau que c’est « du grand art ». Waouh, quel engouement ! Et moi, la bleue, la grosse bécasse, je cours chez le libraire tellement j’ai peur de passer à côté du livre du siècle ! Bref, j’ai perdu 24 euros et je prends la peine d’écrire vite fait cette chronique pour que vous ne tombiez pas dans le même piège que moi. En tout cas, bravo à l’éditeur pour son travail de com., il est réussi !

Maintenant, parlons littérature.

Que dire de ce livre ? C’est clairement un mauvais roman dont je n’ai pas grand-chose à dire. Deux mots quand même pour me justifier : il n’a pas de style (ce n’est pas le seul vous me direz!), oui mais quand même. Ni style, ni originalité dans la forme ni où que ce soit d’ailleurs. Chaque page sonne comme du remplissage au bulldozer tellement c’est répétitif. Cela entraîne donc des longueurs et des longueurs qui n’apportent rien et n’aboutissent à rien sinon rendre le livre artificiellement plus épais (et donc plus cher!) Il faut lire dix chapitres pour avoir un mince élément d’information. Rien de mieux pour tuer le rythme ! Les personnages n’ont aucun relief. Ils sont complètement stéréotypés et ne produisent aucune émotion. D’ailleurs, ce livre n’est pas habité, c’est un livre sans âme, sans nécessité. Le sujet -la pédocriminalité-, grave s’il en est, est traité de façon extrêmement superficielle avec quantité de lieux communs : du déjà vu, déjà lu, déjà entendu. Ce livre n’apporte rien de nouveau sur le sujet. C’est juste une perte de temps et d’argent.

Bref, fuyez !