Rechercher dans ce blog

samedi 12 janvier 2019

Alto Braco de Vanessa Bamberger


Éditions Liana Levi
★★☆☆☆ (Je n'ai pas accroché)


Eh bien oui, ça arrive, la magie n'opère pas. Au début, il est difficile de mettre un mot sur le malaise : l'écriture peut-être, c'est toujours elle qui me séduit la première ou au contraire, m'empêche d'adhérer pleinement à l'oeuvre. Un rythme, une respiration, une petite musique, qui ne viennent pas…
Et pourtant, l'Aubrac… Je n'y suis allée qu'une fois et par hasard. Des amis ayant eu un empêchement de dernière minute nous avaient laissé leur gîte, une vieille bâtisse du XVIIIe siècle, située près de Mende. Nous étions en pleine campagne, un peu parachutés, il faut bien le dire, car nous n'avions pas du tout prévu de passer des vacances dans ce coin. J'avais très vite repéré la présence de l'Aubrac pas très loin en remontant un peu vers l'Ouest. C'est un de mes collègues de travail qui me parlait toujours de ces terres où il avait passé ses vacances. J'étais curieuse de découvrir enfin ces paysages.
Quel choc ! Je ne savais pas qu'un lieu comme l'Aubrac existait en France, ainsi que le dit très justement l'auteur : « L'Aubrac produisait immanquablement la même réaction chez ses visiteurs : on dirait la Mongolie ; on croirait la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Namibie, l'Islande, le Pérou, le Tibet, le Canada, l'Écosse... » Oui, le touriste qui arrive en Aubrac ne sait pas nommer ce qu'il voit. Il n'a plus les mots, il en a même perdu la parole ! Il est ailleurs, sans repères, face à une immensité dont il n'a pas l'habitude. Je me souviens que mes enfants disaient qu'ils étaient sur la lune, ce qui les amusait beaucoup ! (Jouer avec une vipère pendant que nous mangions notre aligot dans un buron les avait aussi remplis d'aise !)
Nous y étions retournés plusieurs fois, comme aimantés, découvrant avec le même saisissement et la même sidération ces lieux étranges dans lesquels nous nous perdions lors de balades, toujours vaguement inquiets de savoir si nous étions sur la bonne route. J'ai gardé de cet Aubrac une impression très forte, très particulière, que j'ai du mal à décrire : quelque chose comme de la fascination mêlée à de la peur, un sentiment d'étrangeté qui m'attirait et me repoussait en même temps. Un lieu en rupture brutale avec ce qui est autour, tant le dépouillement, la nudité, l'austérité frappent d'un coup le promeneur ahuri. Ai-je été à la recherche de cet Aubrac-là en lisant Alto Braco ? Peut-être, certainement même. Ai-je voulu trouver les mots qui m'avaient manqué quand j'avais découvert ces terres ? Oui, je crois, mais je ne les ai pas trouvés dans ce texte et je suis restée comme extérieure à ce roman.
Que je vous parle un peu du sujet : la narratrice, Brune, une jeune femme parisienne, travaillant dans une crèche, a été élevée par ses deux grands-mères, entendez, sa grand-mère, Douce et sa grand-tante, Granita, originaires toutes deux de l'Aubrac. Elles avaient quitté leur terre natale pour s'installer à Paris et tenir un café, comme beaucoup d'autres auvergnats. Pour les obsèques de Douce, la narratrice repart en Aubrac où, enfant, elle passait ses vacances, et découvre une terre d'éleveurs qui ont bien du mal à affronter les dures réalités économiques qui les touchent de plein fouet.
Il est donc beaucoup question d'élevage dans ce roman très documenté, de races bovines, de viande.
Par ailleurs, des secrets de famille seront révélés à la narratrice qui s'interrogera sur ses liens profonds avec cette terre qui, au fond, ne lui est pas si étrangère que ça.
J'avoue m'être un peu perdue dans les histoires de famille qui ne m'ont pas vraiment touchée et, de plus, je n'ai pas ressenti d'attachement particulier pour la narratrice qui, parfois, me donnait l'impression d'être une journaliste interviewant des agriculteurs pour le papier qu'elle allait rédiger… A dire vrai, l'analyse économique m'a semblé prendre le pas sur la dimension poétique que j'attendais surtout.
Bon, c'est comme ça. Le principal, c'est que ce livre ait trouvé ses lecteurs et des lecteurs qui, visiblement, l'apprécient beaucoup...

1 commentaire:

  1. Apparemment tu n'as pas lu le premier roman de Vanessa Bamberger donc c'était difficile pour toi de savoir que son écriture, qui a bien d'autres qualités, ne verse dans la poésie :-)

    RépondreSupprimer