Quel plaisir de lecture que ce deuxième volet d’une série sur les quatre éléments! J’ai retrouvé avec un immense bonheur le trait vif et satirique, le regard amusé et mordant de l’auteur sur notre société contemporaine, peu avare en contradictions. Cette fois-ci, le personnage principal est l’eau. Et dans ce petit village de l’Orne (oui oui, chez moi !), il est hors de question de se relier au réseau d’eau potable inter-communal. On a une rivière: La Maline (qui porte bien son nom!), on fera avec. Point. Sauf qu’en été, et même en Normandie, la source se tarit et la préfecture est obligée d’envoyer des camions-citernes pour ravitailler la populace qui commence à râler. Et, ça coûte cher ! Y-a-t-il une solution ? Chacun a son mot à dire : l’agriculteur, la naturopathe, la préfète, l’anarchiste, l’architecte, le collapsologue, la secrétaire de mairie, l’Anglaise et les autres, tous les autres. Parce qu’à Saint-Firmin, on ne va pas se laisser marcher sur les pieds. Les politiques n’impressionnent personne. L’auteur est passé maître dans l’art de donner vie à chacun : le politique pourri par l’ambition et son langage abscons bourré d’acronymes, l’idéaliste et généreuse Maria qui veut changer le monde, croit en la communauté et au partage respectueux des biens communs, Valérie l’hydrogéologue et sa solution miracle en un seul mot : le re-mé-an-drage, vous dis-je… bref, tout ce petit monde qui cohabite dans ce village de quatre cents âmes. Koenig est un vrai portraitiste : rien ne lui échappe et ça pique, ça pique tout en restant toujours très humain et bienveillant.
Franchement, c’est drôle, cinglant, intelligent. On apprend plein de choses… Dans tous les domaines, l’auteur se balade avec aisance comme s’il avait fréquenté tous les milieux. Chacun a sa parlure, ses tics, ses mimiques. On se régale des grandes scènes hilarantes aux dialogues jubilatoires. Décidément Koenig est vraiment très doué.
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