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mercredi 1 mars 2017

L'expédition de Monica Kristensen


 Éditions Gaïa
 traduit du norvégien par L-M Besançon


Sortez vos polaires, vos gants, votre chapka et vos boots, vous partez pour Longyearbyen, capitale administrative du Svalbard, deux mille kilomètres au nord de la Norvège. De là, direction le pôle Nord. Température moyenne : - 34°C. Question d’habitude, me direz-vous. Certes, mais quand même, j’aurais du mal. Et celle qui vous va vous raconter cette histoire s’y connaît car Monica Kristensen est glaciologue et elle est la première femme à avoir dirigé une expédition en Antarctique. Elle a travaillé comme directrice de station de recherche dans la région du Svalbard. Et franchement, pour dire vrai, je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie en lisant un livre !
Bon, allez, je trépigne, donc je vous le dis tout de suite : j’ai A-DO-RÉ ce livre ! J’ai été portée par un suspense haletant, une vraie angoisse qui vous tient tendu et frigorifié jusqu’à la dernière page. Impossible de m’arrêter, ce qui est gênant pour les activités quotidiennes… Je n’avais qu’une envie : retrouver l’expédition où je l’avais laissée, j’allais dire, dans l’état où je l’avais laissée, au beau milieu de nulle part sur la banquise arctique…
Quelques mots sur l’intrigue, sans rien dévoiler, promis. Mais, encore une fois, ne lisez pas la 4e de couv’, elle en dit trop !
Un hélicoptère norvégien porte secours à une expédition qui s’est mise en route pour le pôle Nord assez tôt dans l’année, trop tôt certainement, au mois de février. Un appel de détresse a été envoyé du 87e parallèle nord informant les autorités que le campement vient d’être attaqué par un ours polaire. Habituellement, dans ce cas, sont envoyés deux hommes : un policier - et ce sera un certain Knut Fjeld qui s’y collera - et un agent du service environnement. Or ce dernier, trop jeune et insuffisamment expérimenté, ne partira pas.
Sur place, le policier découvre un traîneau (il y en avait deux), huit chiens quasi morts, une toile de tente en lambeaux et des hommes endormis : morts ? Non, enfin dans un état second, méconnaissables, totalement désorientés, ayant à peine l’apparence d’êtres humains : le chef  Karsten Hauge et trois autres membres : Mads Friis, Terje Kraemer et le musher (conducteur de traîneaux à neige tirés par des chiens), Svein Larsen. Ce dernier est vraiment dans un sale état. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Qu’est-il arrivé aux chiens et à leur maître pour qu’ils soient dans cet état là ?
J’ai beaucoup aimé l’organisation du récit car, tandis que l’on suit de près l’évolution de ces hommes vers le pôle, certains chapitres racontés par la femme d'un des explorateurs mettent en lumière la personnalité de chacun de ces hommes et la façon dont ils ont conçu, programmé et financé cette expédition. Des zones d’ombres se creusent, toujours plus nombreuses et s’ajoutent à la terrible tension que nous font partager sur place ces explorateurs prisonniers des glaces et de bien d’autres dangers auxquels ils ne sont peut-être pas suffisamment préparés.
Vraiment, on s’y croirait tellement les descriptions sont réalistes et saisissantes de vérité, ce qui ne fait qu’accentuer le sentiment d’angoisse et la tension extrême qui règne dans ce huis clos glaçant, dans tous les sens du terme !

Préparez-vous au pire…

                       

1 commentaire:

  1. Quel enthousiasme ! Je l'ai vu en librairie mais avec le printemps qui pointe le bout de son nez, je m'étais dit que je l'emprunterai l'hiver prochain en bibliothèque.

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