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mercredi 14 février 2024

🎬 May December de Tood Haynes

★★☆☆☆

 Ils se sont rencontrés, il avait 12 ans, elle 36 (d’où le titre métaphorique du film « May December »  quand un jeune rencontre une vieille...) (écart d’âge accentué dans le film car les deux acteurs qui incarnent le couple ont en réalité 30 ans d’écart.) Ils ont fait la une des tabloïds, elle est allée en prison, puis ils se sont mariés et ont eu des enfants. Tirée d’un fait divers de la fin des années 90, l’affaire « Mary Kay Letourneau », l’histoire est ici librement adaptée par Todd Haynes.

En effet, alors que le couple Gracie Atherton (Julianne Moore) et Joe Yoo (Charles Melton) vit dans une très belle maison à Savannah (Géorgie) et que leurs enfants s’apprêtent à quitter le cocon familial pour devenir étudiants, arrive une actrice, Elizabeth Berry (Nathalie Portman), en direct d’Hollywood, qui vient voir de près qui est la femme qu’elle incarnera sous peu à l’écran afin de « raconter l’histoire comme elle doit l’être. »

Elle observe Gracie, pose des questions qui dérangent, lui demande la marque de ses produits de maquillage, veut voir l’endroit où elle a rencontré son mari… bref, l’on sent très vite qu’elle cherche à vampiriser le couple et pourquoi pas, tenter de séduire le mari. (« Moi aussi comme vous j’ai 36 ans ! » lâche-t-elle à Joe… Tiens, on ne l’avait pas remarqué !) Sauf que, et c’est là, je trouve, que le bât blesse, on ne comprend pas vraiment ce qui fascine l’actrice (encore une fois, jouée par Portman dont la beauté est particulièrement bien (trop?) mise en valeur) : en effet, la pauvre Gracie, par contraste, apparaît comme une vieille femme à moitié folle et bien déprimée et son mari comme un gentil lourdaud muet et obéissant, pas très à l’aise dans ses baskets. On ne comprend pas bien d’où vient cette attirance éprouvée par l’actrice. Si encore celle-ci découvrait un couple heureux, fou amoureux, dont elle serait jalouse. Ok. Mais là, au contraire, on sent que lui n’a pas profité de sa jeunesse et elle, dont la seule passion est dorénavant de vendre des gâteaux de sa confection, a plutôt l’air paumée et en grande souffrance psychologique. Était-ce nécessaire de la présenter dans cet état ? Ils redoutent tous deux de se retrouver seuls après le départ des enfants. Et on les comprend. Bref, comment être subjuguée, envoûtée par un tel couple au point de ne pas rentrer à Hollywood pour se mettre au travail ? Ou alors, c’est de la pure perversité. Mais ce désir de faire du mal doit quand même être nourri de jalousie, d’envie non ?

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’on ne s’attache à aucun personnage. Et quand les critiques du Masque parlent « d’un film vénéneux » et d’une « sensation de malaise » lorsque l’on observe « comment l’actrice va fusionner avec son sujet », je me demande si l’on a vu le même film. Il n’y a aucune fusion, ni physique, ni psychologique. Et c’est bien dommage, car c’est précisément ce qui aurait pu être intéressant à traiter...

On assiste même à des scènes grotesques où l’une maquille l’autre (comme si elles allaient tout à coup se ressembler!), font de la cuisine ensemble (la main de Gracie qui tient celle d’Elisabeth pour lui montrer comment touiller son frichti!) et composent un bouquet de fleurs en tenant des propos complètement neuneus. Portman a, tout au long du film, un jeu complètement artificiel, elle prend la pose et se contente d’être belle. Pas d’évolution dans le jeu des acteurs ni dans le scénario. Bref, un peu longuet tout ça. Je repense soudain à la scène sur le toit où le mari fume son premier pétard avec son fils, genre j’ai raté ma plus belle vie. Pfffff… Quelle caricature ! Et le fils aîné de Gracie… Ridicule !

Quant aux dialogues, franchement, ils sont d’une platitude sidérale.

Par ailleurs, le film est flou (pauvre effet de style!) et la musique de Michel Legrand pour « Le Messager » de Joseph Losey (qui se trouve être la musique de « Faites entrer l’accusé ») plutôt appuyée et à prendre au second degré, je l’espère.

Non franchement, je n’ai pas bien compris l’intérêt de ce film qui ressemble à une mauvaise comédie. Ce qui aurait pu prendre la forme d’un huis clos étouffant et « malaisant », comme disent les jeunes, où il aurait été question d’emprise progressive, avec une belle mise en abyme, demeure un film assez plat, aux effets appuyés, où l’on observe le duel de deux pointures du cinéma qui jouent à qui sera la plus belle.

Cela dit la critique est très bonne, certains parlent même de chef-d’oeuvre.... Allez-le voir, vous me direz...





2 commentaires:

  1. Bonsoir je l’ai vu et partage votre avis, raté je pense

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  2. Bien d'accord avec cette critique. J'attendais beaucoup de ce film, ayant beaucoup aimé "Carol" et "Dark waters". J'ai été très déçue par les actrices, peu convaincantes et le "jeune mari" manquait totalement de charisme ! Ils avaient tous l'air de s'ennuyer dans ce film et, du coup, nous aussi !

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