C’est à Rome, dans les bras de l’Hermaphrodite de la Galleria Borghese, qu’Éric Reinhardt décide de passer sa « nuit au musée ». Cette sculpture du Bernin a la particularité d’être disposée le long d’un mur de façon à ce que l’on ne voie pas son sexe, contrairement à celle du Louvre que l’on peut découvrir librement sous tous ses aspects!
L’auteur projette de jeter une couette blanche sur la statue et de dormir à ses côtés. S’ensuivront des pages hilarantes de pourparlers, de négociations, de mises au point pour tenter de convaincre l’assistante de la directrice du musée, à quoi s’ajouteront de périlleux stratagèmes pour tenter d’échapper aux caméras de surveillance. Une peur atroce, surmontée grâce au vin et au Xanax, torturera l’auteur à l’idée d’être découvert et reconduit illico presto à la frontière par les forces de l’ordre.
Si Reinhardt a beaucoup d’humour et d’autodérision, il est aussi très doué pour interpréter les œuvres d’art et en parler de façon personnelle et intime. C’est sublime et l’on se ré-ga-le !
En revanche, je suis moins convaincue par son dispositif narratif : en effet, il entremêle à ce récit de sa nuit au musée une fiction qui, je pense, devait aboutir, grâce à des thèmes communs, à une fusion entre les deux textes. J’ai aimé l’idée et je pense que le récit seul de la nuit mérite d’être accompagné par un texte fictionnel (et encore, ce n’est pas sûr...) Mais, franchement, ça ne marche pas… On n’entre pas dans cette fiction capillotractée dont l’intrigue pèche par son artificialité.
Pas grave, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte : cette nuit au musée vaut son pesant de marbre et l’on n’a qu’une envie : partir pour Rome !
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