Cette exposition proposée au Grand Palais (du 26 mars au 26 juillet 2026) retrace les treize dernières années de la vie de Matisse, de 1941 à 1954 : il a donc de 71 à 84 ans. Tout va très mal pour lui : il vient de subir une opération du cancer du côlon et la station debout lui est quasiment impossible plus d’une heure. Les médecins lui donnent six mois à vivre. S’ajoutent à cela deux événements terribles : sa femme et sa fille sont déportées pour faits de Résistance. Sa fille, Marguerite, sera torturée et défigurée par la Gestapo. L’horreur absolue… Et pourtant : ce que nous donne à voir cette exposition, c’est au contraire une explosion de couleurs et de formes nouvelles. Matisse ne peut quasiment plus peindre car il est souvent alité : il invente donc une nouvelle technique : les papiers de gouache découpés. Une vidéo le montre en train de découper : ses mains sont d’une rapidité et d’une habileté extraordinaires et le papier ressemble à un oiseau prêt à s’envoler. Pure magie. Puis, il demande à son infirmière de placer les papiers sur la toile jusqu’à ce qu’il dise « stop » quand il juge le placement esthétiquement parfait. Il utilise aussi un système de fils tirés sur la toile auxquels il accroche ses formes découpées qu’il fait glisser jusqu’à ce qu’il trouve la position parfaite à ses yeux. Ce que l’on découvre donc, c’est un homme dont l’effervescence créative est absolue. Matisse réinvente des techniques. Il travaille sur des toiles, du papier, des tissus, du verre. Il se lance dans des séries, expérimente des formes, des couleurs, cherche, s’aventure sur des voies nouvelles. Sa vitalité créatrice est folle, on a l’impression qu’il se sent libre. La salle consacrée au livre « Jazz » en est l’exemple même. C’est une renaissance, un pied de nez à la mort. Tout est mouvement, respiration, vie : les figures dansent, bougent, les couleurs explosent. On peut voir réunis pour la première fois les quatre « Nus bleus » de 1952. Superbe !
Pour être honnête, j’aime peu la peinture de Matisse, sauf quelques rares exceptions comme « La Fenêtre » de 1916 et les quelques huiles sur toile de l’expo ne m’ont encore une fois pas convaincue. En revanche j’adore ses papiers découpés et donc cette dernière période est celle que je préfère. Je trouve que Matisse manifeste là tout son génie créatif et que ce souffle nouveau à l’aube de la mort est tout simplement magique. Une très belle exposition !
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