Je ne sais plus de quand date ma rencontre avec Claudie Hunzinger mais ce dont je me souviens en revanche, c’est d’une après-midi dans les Vosges pas très loin de Colmar où avec mes enfants, nous avions randonné pour trouver Bambois, la maison de Claudie et de son mari. Parce que Bambois est au centre de la vie de Claudie et de son œuvre. Bambois, c’est son île, son territoire, son être. Elle est Bambois, elle est la terre de ce lieu, les bêtes, les arbres, les bosquets, les prairies, elle est aussi les nuages, le vent, la pluie, la neige, la lumière et le silence de Bambois. Son corps s’est comme augmenté des mousses, des rapaces, des herbes de cet espace. Elle en a appris les mots : « le langage-sapin, le langage-vent, le langage-cerf, le langage-forêt » Ce lieu est présent dans à peu près tous ses romans, sous des noms différents. Or, précisément, je me suis rendu compte en lisant les entretiens de Claudie avec Fabrice Lardreau que finalement je savais bien peu de choses sur Claudie. Dans ces entretiens autobiographiques, Claudie raconte sa vraie arrivée à Bambois, son CAPES d’art plastique, sa démission, son travail d’éleveuse, de tisseuse tandis que Francis, son mari, s’occupait des teintures végétales puis ses « années-papier » où elle créait de grandes feuilles avec les plantes de Bambois. J’ai été très impressionnée par ses connaissances techniques concernant l’agriculture, la forêt, la chasse (qu’elle déteste), le lisier (qu’elle déteste aussi), les coupes d’arbres prétendument malades (qui la rendent folle) et enfin, bonheur absolu, Claudie nous partage ses lectures, ses livres de coeur dont je n’ai pas manqué de noter les titres. J’ai vraiment eu le sentiment de la rencontrer, de comprendre sa pensée, son itinéraire, son rapport viscéral à Bambois. C’est l’histoire d’une vie parfois difficile mais une vie choisie, désirée, rêvée. Toutes ces aventures, elle les a vécues sur place, à Bambois, où chaque espace invite à la découverte et à l’exploration.
Ce fut un merveilleux moment que la lecture de ces entretiens. Merci à Claudie Hunzinger de nous avoir livré les secrets de son bonheur, et de nous en avoir montré le chemin.
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