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samedi 31 janvier 2026

La Nuit sur commande de Christine Angot

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Éditions Stock

 Qu’est-ce que j’ai râlé en lisant ce texte : « Christine, la collection s’appelle « Ma nuit au musée », t’as été payée pour écrire un truc sur l’art, fais un effort... Bon je sais, t’as choisi Pinault, la Bourse du Commerce, je comprends que t’aies eu un peu de mal. Mais quand même ! » 

Ma déception est d’autant plus forte que j’aime beaucoup Angot : sa sincérité, son authenticité, son extrême fragilité me touchent énormément. Je ne comprenais pas pourquoi elle traînait des pieds et tardait à entrer dans ce lieu qu’elle avait choisi. J’ai failli lâcher le texte, fatiguée de ce tourbillon mondain d’artistes qu’elle a côtoyés en arrivant à Paris après son divorce. Calle, Othoniel, Frize, Creten et les autres. Et si au moins il était question de leur production, mais non, même pas. Les cocktails, les vacances, les cancans, le fric. 

Toujours pas de musée. 

Il reste trente pages Christine.

Comme j’ai été naïve, j’aurais dû me douter de quelque chose. Ce titre « La Nuit sur commande » me tendait un fil d’Ariane. Pourquoi ai-je fait fausse route ?

Et puis, à quelques pages de la fin, on entre. Et là, c’est grandiose, GRANDIOSE et ce n’est pas une antiphrase. Ma Christine reste sur son petit lit de camp, à côté de sa fille (d’une intelligence remarquable) et là, elle demande le Livre d’Or, qu’elle lit. On se dit non mais là, elle se moque de nous. Et soudain, l’on comprend : cette « nuit sur commande » relevait de l’impossible. Parce que des demandes, des invitations, des « commandes » auxquelles elle obéissait sans broncher, elle en avait reçu, de la part de son père qui entrait dans sa chambre le soir. Et maintenant elle n’en voulait plus.

Elle avait présumé de ses forces.

Le soir, temps de la menace, elle ne pouvait que s’enfermer, se couper du monde, se protéger.

Alors, elle propose à sa fille d’aller faire un petit tour de son côté. Elle l’attend, puis elles partent, toutes les deux, elles quittent ce musée qui, comme par hasard, se trouve à deux pas de chez elles. Il est une heure du matin, elle n’a pas accompli sa mission, elle a honte, elle s’excuse. Elle ne peut pas. 

Cette fois-ci, ce sera non.

Je suis en larmes.    


 

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