Éditions Phébus
Le livre s’ouvre brutalement sur
un accident de voiture : les pneus explosent, l’huile se mélange à
l’essence, la fumée commence à se répandre. La passagère est semi-consciente.
L’explosion semble imminente : elle doit trouver la force de sortir de là
mais sa blessure l’empêche d’agir… La scène est terrible, remarquablement
décrite et l’on sort de ce premier chapitre déjà un peu secoué, il faut bien le
dire… Qui conduisait ? Qui était la passagère ? On ne le saura pas,
en tout cas, pas tout de suite…
Le deuxième chapitre présente les
personnages principaux : une gentille petite famille très bobos
parisiens : lui, c’est Paul, homme au foyer, féru de cinéma et visiblement
doué en cuisine (miam, les crevettes au piment d’Espelette et à la coriandre
fraîche !)
Il s’occupe de tout : ménage,
courses, bricolage, leçons, cours de musique, goûter, sorties, RV chez le médecin, réunions de professeurs,
de copropriétaires… sans s’énerver, très cool, très classe… (Les gens comme ça,
en dehors des romans, je ne sais pas où on les trouve…)
Anouck et Valentine sont les deux
filles : ados de chez ados. Le portrait qui est fait des ces deux gamines
est saisissant de vérité et qui possède ce genre d’individu chez lui se
trouvera certainement rassuré de savoir qu’il n’est pas le seul à endurer le
pire… Encore une fois, c’est excellent, les répliques sont très justes et très
drôles (ça fait rire quand ça n’est pas chez soi…) Quant à la mère, elle
s’appelle Julia Vélasquez, elle est psy et son cabinet se trouve dans son
appart, rue Boulanger…
Leur voisin de palier, Sergi, est
le frère de Julia. Il est peintre : son travail consiste à placer sur
plusieurs toiles des « formes brunes pataoïdes d’environ cinquante
centimètres de diamètre éclaboussées de taches blanchâtres. » On ne peut
pas dire que Sergi soit tout à fait satisfait de son travail : il aurait
préféré peindre comme Bacon mais une galeriste du Marais lui propose d’exposer…
alors…
Tout ce petit monde vit sa vie
presque tranquillement lorsqu’un jour, le gars Sergi se trouve nez à nez dans
l’ascenseur de son immeuble avec la plus belle femme du monde (si, si !) :
une belle rousse absolument irrésistible qui se rend… dans le cabinet de sa
frangine !
Sergi tombe raide dingue amoureux
de sa belle inconnue et est bien déterminé à savoir qui elle est… Et c’est là
que les choses, comment dire… vont quelque peu se gâter… Ne comptez évidemment
pas sur moi pour vous gâcher le suspense !
Est-ce que j’ai aimé Accidents ? Bien sûr !
Je me suis jetée dessus ! J’aime tout ce qu’écrit Olivier Bordaçarre et
j’attends toujours avec impatience la sortie de ses livres… avec un coup de
cœur particulier, je dois le dire, pour Dernier
désir dont j’avoue ne m’être jamais totalement remise… Dernier désir m’avait intriguée, inquiétée,
tendue à l’extrême… j’avais avalé ce bouquin en me demandant comment toute cette
affaire allait finir. Un livre génial : une tension qui monte
progressivement avec, toujours, l’évocation de la société et de ses valeurs (ou
de son absence de) et de l’humour en prime.
Alors, oui, j’ai un peu moins
aimé Accidents, même si je le
classe quand même dans la catégorie des très bons. J’ai retrouvé l’humour de
Bordaçarre dans la peinture de cette petite famille somme toute assez ordinaire
et dans ses propos sur l’art… Je l’ai lu un peu comme un conte sur le thème du
double.
En revanche, j’ai moins ressenti
cette tension et ce mystère omniprésents dans Dernier désir, même si, vers la fin d’Accidents, mais peut-être justement un peu tard finalement,
on commence à sentir se resserrer l’étau…
Je fais ma difficile parce qu’Accidents est incontestablement
un bon roman que je n’ai pas lâché une seule seconde : les personnages
sont attachants, l’humour décapant, l’écriture enlevée et superbe (certains
passages sont de purs joyaux comme la baignade dans la cascade du Hérisson), la
construction bien sentie, le portrait de la société virulent et très juste.
Merci encore, Monsieur Bordaçarre,
pour ce grand plaisir de lecture… à quand le prochain ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire