Rechercher dans ce blog

dimanche 26 avril 2026

Une unique lueur de Fred Vargas

Éditions Flammarion
★★★★★
(coup de coeur)

 Quel délice que ce nouveau Vargas : du pur jus, bien barré, bien jeté, avec un Adamsberg à deux doigts de disjoncter, complètement paumé dans les errances archi nébuleuses de son fatras de pensées, essayant d’en atteindre la chevillette afin de la tirer et d’en extraire un jus bien loufoque auquel on ne comprend strictement rien (lui non plus d’ailleurs) mais qui mènera indubitablement à l’élucidation du mystère. Toujours la même équipe, la brigade criminelle du 13e, (on ne lit Vargas que pour les retrouver d’ailleurs, avouons-le!) : Danglard, l’encyclopédie vivante, Mercadet, l’informaticien hypersomniaque que l’on couche dès l’apparition des premiers bâillements, Froissy l’affamée, Violette Retancourt qui n’a de délicat que le prénom, Veyrenc de Bilhc, le poète, Voisenet, le spécialiste des espèces aquatiques d’eau douce (très utile pour le métier de flic!), Estalère, le spécialiste du café confectionné et servi avec soin (indispensable dans une équipe!), Noël, l’impulsif au langage fleuri, le chat et les oisillons qu’il faut nourrir...

Voilà THE team : la BC 13. Et dans ce volume, la quasi-unité de lieu est réjouissante car elle nous fait profiter pleinement de chacun d’eux, de leurs réunions d’anthologie (les conciles) où la digression est reine.

Ajoutez à cela le plus beau des poèmes de Nerval (dans quel polar étudie-t-on des poèmes vers par vers, hein ?), un goût prononcé pour les mots et leur étymologie, du vieux cinéma américain… et l’on se régale.

Pourquoi aime-t-on tant Vargas, me demandais-je ce matin en passant la tondeuse ? Honnêtement, je crois que ce type de livre me donne autant de plaisir que la lecture de mes « Alice » ou de mes « Soeurs Parker » quand j’étais gamine : des personnages hyper attachants (et toujours les mêmes) qui pensent plus qu’ils n’agissent, des intrigues prenantes mais pas de descriptions sordides. Bref, les pantoufles. On est chez soi, pépouze, avec le truc en plus de Vargas : des réf. littéraires ou historiques, des dialogues tellement jetés qu’ils en deviennent drôles (parfois on frôle Beckett, si, si !) et des gens décalés qui bossent ensemble, qui acceptent les travers des autres, s’en accommodent parfaitement et sont toujours prêts à couvrir le copain. On ne change pas une équipe qui gagne et Vargas nous fait encore une fois un beau cadeau avec ce polar jubilatoire.

Un immense coup de coeur !


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire