Quel film extraordinaire à tous points de vue : jeu exceptionnel des acteurs, prises de vue, cadrages, scénario : tout est parfait. Nous sommes transportés dans l’Irak de Sadam Hussein et, comme c’est l’anniversaire du Président, la petite Lamia, neuf ans, a été désignée par son instituteur pour faire un gâteau. Seulement Lamia et la grand-mère qui l’élève n’ont pas d’argent. C’est donc la catastrophe car il est hors de question de ne pas honorer le Chef Suprême. Elles quitteront donc leur hutte sur pilotis pour se rendre à la ville où elles vont vivre une série de péripéties.
Dans ce film, le réalisateur dénonce l’embrigadement des foules et des enfants, la misère du peuple, le culte absolu obligatoire du tyran dont le portrait est affiché partout, la corruption, la misogynie des hommes qui apparaissent comme des prédateurs s’appropriant le corps des femmes et des enfants. Et les bombardements américains font rage tandis que la petite s’épuise à trouver ses ingrédients et poursuit ses errances, son coq dans sa besace.
C’est un film visuellement somptueux, l’atmosphère de la grande ville est parfaitement restituée à travers ses bruits, ses couleurs, ses mouvements. Le souci d’authenticité met bien en évidence la réalité économique et sociale du pays. L’actrice principale, la petite Baneen Ahmad Nayyef est incroyable : son jeu est tellement juste et naturel que c’en est sidérant.
Bref, c’est un film politique extrêmement fort et émouvant dont les terribles échos dans l’actualité du jour accentuent encore le caractère tragique.
Exceptionnel.
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