Un roman que je n’avais pas aimé et j’en étais restée là avec Sophie Divry. Et puis, je ne sais pas pourquoi, j’ai voulu retenter l’expérience et bien m’en a pris car j’ai adoré ce texte qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Alors, autant dire qu’ici, on est dans le genre anatomie d’une chute, au sens propre et figuré. Que je vous explique... Isabelle et Xavier forment une famille recomposée qui fonctionne comme beaucoup de familles recomposées : on s’aime, on fait des efforts, on s’organise, on s’arrange des enfants de l’autre, on supporte quelques contrariétés et surtout, on évite de trop regarder ce qui ne va plus.
Alors une semaine à la montagne devrait être l’occasion rêvée pour repartir du bon pied. Isabelle veut souffler, Xavier veut grimper, Noémie veut vivre en tête-à-tête avec son portable, et Léon, huit ans, semble avoir été programmé pour tester les limites de tout le monde. Quatre personnes, quatre façons d’envisager les vacances et derrière tout cela, un couple qui commence sérieusement à prendre l’eau. Bref, l’air frais va faire du bien à tous.
Bon, ce n’est pas la jolie montagne des brochures touristiques. Chez Divry, elle est massive, inquiétante, hostile. Elle réduit l’horizon et coupe les communications.
Évidemment, on sent qu’un truc pas terrible va avoir lieu : le suspense s’installe et l’on ne peut plus lâcher le livre tellement tout s’emballe très vite !
L’autrice est extrêmement douée pour décrire la société, notamment la famille et les gens en général : c’est mordant, féroce et souvent très drôle et très juste. Isabelle et Xavier ne sont ni des monstres ni des héros. Ils sont pleins de contradictions, parfois lâches, parfois touchants. Terriblement humains.
Divry est aussi très compétente lorsqu’elle parle de la montagne, parce que là, accrochez-vous, on y est vraiment : c’est bluffant de réalisme !
On comprend bien que ce qui intéresse l’autrice, c’est ce que la catastrophe révèle de ce que l’on est et de ce que l’on vit. « Rochebrune » évoque ce moment où les problèmes ordinaires cessent d’être des problèmes. La montagne remet les compteurs à zéro. D’une famille qui se dispute pour des détails, l’on débouche sur une réflexion sur notre fragilité, notre individualisme, notre égocentrisme et l’autrice montre comment l’on se noie dans des petits problèmes qui n’en sont pas vraiment. Après une expérience pareille, on relativise, c’est certain !
J’ai adoré ce roman !

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