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dimanche 27 septembre 2026

Le Palais de F.-H. Désérable

Éditions Gallimard
★★★★★

 Désérable est bien le seul écrivain au monde à me donner envie de grimper jusqu’au Machu Picchu, d’aller faire un tour en Iran, d’assister à un match de hockey ou de découvrir les vins de France et de Navarre, moi qui n’aime ni les voyages, ni le sport et encore moins le vin (sauf le Gewurztraminer vendanges tardives, là je craque...)

Bref, c’est un magicien ce Désérable : ses passions sont communicatives et en deux temps trois mouvements me voilà sous le charme...

Et bien sûr, son dernier roman m’a ré-ga-lée. S’il est extrêmement doué pour les récits de voyage, il l’est tout autant comme romancier : il n’a peur de rien et se lance dans une histoire complètement folle, une vraie épopée, qui nous transporte de la Bourgogne à New-York, de Guazipur en Inde à Hiva Oa dans l’archipel des Marquises, et l’on rencontre des types improbables dont il fait des portraits extraordinaires… Ah l’art du portrait chez Désérable ! Même les personnages secondaires ont un relief exceptionnel et sont inoubliables : qu’ils soient loueur de caves ou barbier-hawaladar le moins cher de New-York, ils sont extrêmement hauts en couleur!

Et Désérable de nous raconter, et chaque ligne est emplie de ce bonheur, de cette jubilation de dire, de décrire, de nous balader, de nous surprendre… Il s’amuse, tire ses ficelles, il est drôle, cinglant, vif, malicieux, plein d’invention. Il nous embarque dans son petit théâtre romanesque, joue avec les mots, les situations, avec les codes du récit et bien sûr, avec notre curiosité qu’il titille sans cesse !

Car chez Désérable, rien n’est tout à fait là où on l’attend. Il suffit d’une rencontre pour que le récit bifurque et nous entraîne ailleurs. Et l’on se laisse faire avec délice. C’est ça aussi son talent : nous faire accepter toutes les situations, même les plus invraisemblables, car tout est raconté avec un tel bonheur, une telle aisance et tellement de précision que l’on finit par y croire, comme si nous étions redevenus des enfants lisant un conte.

Et je n’ai pas parlé de la sensualité des ses descriptions ….

Ah ça pétille, ça swingue, ça déménage. Quel rythme ! On n’a pas le temps de souffler que nous voilà repartis et l’on aimerait ne jamais quitter ses personnages ! Il est brillant, Désérable, vraiment brillant. Qu’est-ce qu’on se régale !

Je ne vous raconte pas l’histoire, vous la découvrirez par vous-même avec un immense plaisir et croyez-moi sur parole, c’est du Dérérable, donc c’est du bon.

Allez, ruez-vous sur ce livre !



 

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