Pour dire les choses simplement, je pense que la principale qualité de Delphine de Vigan est celle de capter assez bien l’air du temps et de le restituer à travers des personnages attachants. Tous les lecteurs aimeront Thomas, le personnage principal : il est gentil, sensible, attentif aux autres et un peu paumé. On a juste envie de le prendre dans ses bras pour le réconforter. La lecture du roman est facile, le suspense fonctionne au moins jusqu’à la moitié du roman et la thématique essentielle est celle du téléphone portable : ça tombe bien, on en a tous un. Donc, c’est un livre qui devrait marcher et susciter de nombreux coups de coeur.
MAIS…
Ok, le portable a complètement bouleversé nos vies et nos comportements. Ok, nous nous enfermons chaque jour un peu plus dans notre bulle, aidés par l’IA qui nous nourrit de ce qu’on aime; ok, nous perdons un temps fou à scroller et à nous remplir la tête d’images sans intérêt ou d’informations anxiogènes; ok, nous sommes manipulés et nous ne faisons plus la différence entre le vrai et le faux. Oui, c’est grave. Très grave même. Si Delphine de Vigan décrit très bien tous ces aspects de la société contemporaine dont nous sommes à peu près tous conscients, il m’a semblé que l’histoire peinait à dépasser ces simples constats et à exploiter de manière originale le dispositif narratif mis en place. J’avoue qu’à un certain moment, le charme de Thomas n’a pas suffi à maintenir mon intérêt pour ce roman qui finit par piétiner et par s’enliser. L’exploration systématique du portable de Romane Monnier, qui a pu piquer ma curiosité sur quelques pages (malgré un procédé un peu facile et déjà vu), a très vite cessé de me passionner. Sans compter que lire des SMS ou des messages WhatsApp, ce qui suppose redites et absence de style, m’a profondément ennuyée.
Bref, on tourne en rond et l’on finit par se dire : tout ça pour ça…
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