Rechercher dans ce blog

samedi 16 janvier 2016

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Bon, cette critique ne va pas être facile pour moi tellement j'ai aimé ce livre...
Par quoi commencer?
Tout d'abord, niveau 1 et ultra personnel, je me suis sentie très proche de l'auteur que je ne connaissais pas du tout, enfin seulement de nom et que je n'avais pas l'intention de lire. J'ai donc emprunté ce livre un peu par hasard à la bibliothèque et j'avoue que je ne m'attendais à rien de terrible.
Et là, ouf, le coup de poing dans le ventre. J'avais parfois l'impression de me retrouver complètement dans tout ce qui était écrit: les sensations, les réflexions, les références... J'ai très vite élucidé une partie du mystère: Delphine de Vigan a mon âge, a vécu dans les mêmes villes que moi et a fait les mêmes études... de quoi nous rapprocher, effectivement!
Puis, niveau 2, j'ai été happée par l'histoire, le thriller psychologique: jusqu'où va-t-on aller, va-t-elle enfin se rendre compte qu'elle est littéralement en train de se faire vampiriser? Car, oui, dans ma précipitation, j'ai oublié de vous parler du sujet: Delphine, l'auteur (?), romancière à succès, traverse une phase de doute: suis-je encore capable d'écrire et d'écrire QUOI ? Au cours d'une soirée, elle rencontre L. une femme qui semble être son double (non, non, ce n'est pas moi, je vous le promets!) et qui s'intéresse de très près à son futur livre. Mais pour elle, ce n'est pas une simple interrogation, ça semble être complètement essentiel, pour ne pas dire existentiel...
Je n'en dis pas plus mais franchement, ça marche, quelle angoisse à certains moments, quelle impression de malaise. Le piège- si piège il y a- se refermera-t-il sur Delphine qui se met à ne plus pouvoir vivre sans sa nouvelle amie, cette nouvelle amie qui si gentiment la remplace pour tout et partout?
Niveau 3: qui est L? Personne ne la voit, personne ne l'a vue. Un double d'elle (Delphine) ou elle (Delphine)? Elle face à elle-même? Un auteur face à ses doutes de romancière, qui veut se lancer dans la fiction tout en sachant que le réel est plus fort, qu'il dépasse la fiction et qu'elle est donc obligée de s'y soumettre...
Niveau 4: ce livre est une réflexion sur la littérature. Je cite:"D'ailleurs, ce pourrait être un projet littéraire, écrire un livre entier qui se donnerait à lire comme une histoire vraie, un livre soi-disant inspiré de faits réels, mais dont tout, ou presque, serait inventé". La vengeance de la fiction sur le réel. C'est la preuve que Delphine avait raison parce que, arrivé à la dernière page, on s'interroge: vrai, pas vrai? Même si le réel: p 447 "ça gondole, ça frise, ça frouille" et ça finit forcément sous la plume de l'auteur par devenir fiction, on perd nos repères et c'est ce que l'on aime dans la littérature: que le doute s'insinue, que le réel s'invente et que la fiction devienne réalité. Que l'on me laisse perdue entre deux et que je ne puisse me raccrocher à aucun des deux bords...
Et puis, niveau 5, l'astérisque sur le mot fin... juste la cerise sur le gâteau...
Jusqu'au bout, BRAVO pour ce roman vertigineux et complètement envoûtant. 

2 commentaires:

  1. Une petite merveille, ce roman. Et surtout une réponse très habile à toutes les questions qui avaient été posées à l'auteur après la sortie de son magnifique Rien ne s'oppose à la nuit.

    RépondreSupprimer
  2. Comme dois j'ai refermé ce livre en disant BRAVO !

    RépondreSupprimer