De ce livre, je n’ai fait qu’une bouchée et franchement, je n’ai pas boudé mon plaisir de lectrice. Alors oui, il est de facture classique dans la forme et dans l’écriture, oui, on a vu plus original dans le dispositif narratif, oui, on se doute un peu de ce qui va arriver, mais honnêtement, quel plaisir j’ai eu à le lire ! Quelle tension narrative ! Impossible de lâcher ce roman aussi captivant qu'intelligent, qui avance avec le suspense d'un polar tout en dressant un portrait implacable du monde du travail.
Donc, ne chipotons pas ! C’est un bon roman, n’en déplaise aux grincheux !
Tout commence par la mort de Natacha, ingénieure chimiste dans une usine de papier éco-certifié : une chute alors qu’elle se trouvait dans un atelier pour lequel elle n’avait pas d’autorisation d’accès. Accident ? Suicide ? Sa sœur Irène, médecin généraliste, refuse les explications toutes faites et se lance dans une quête de vérité qui va peu à peu faire voler en éclats les mensonges d'une entreprise où la rentabilité est le seul mot d’ordre même s’il détruit tout sur son passage : les employés et leur famille. Hélène Gestern dissèque avec une précision remarquable et beaucoup d’efficacité les mécanismes du harcèlement, du burn-out, des pressions managériales et de l'omerta qui protège les puissants. J’ai aimé le personnage d'Irène, la narratrice, une femme courageuse, forte, prête à tout sacrifier pour comprendre ce qui est arrivé à sa sœur. Derrière cette enquête se dessine une réflexion profondément humaine sur le travail, le deuil et le courage de celles et ceux qui refusent de détourner le regard : les fameux lanceurs d’alerte.
Un roman social fort, poignant et terriblement actuel.
Alors, moi je vote pour ! J’ai adoré !
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